La commune

Lalbenque, en occitan l’Albenca, tire son nom d’alba aux significations multiples, probablement en référence à la pierre blanche. C’est une commune de 52,2 km² qui comptait 1 729 habitants en 2017. De forme élargie comme une feuille de chêne, elle s’étend sur deux petites régions géographiques qui sont séparées par une ligne horizontale correspondant aujourd’hui à la D19. 

Au Nord, un territoire de Causse, des terres de gravette rouge, bien drainantes, de bonne qualité pour les cultures d’hiver et de printemps et pour la truffe. Durant les étés secs,  elles souffrent rapidement d’aridité. Sur ses parcours de landes et de chênes, les troupeaux de brebis trouvent leur confort. Au cours des ballades sur les chemins secs, on peut croiser les marcheurs sur le Chemin de St-Jacques (GR 65) et quelques belles réalisations de murets, œuvre des vaillants acteurs de l’opération des « 1000 mains ».

Au Sud de la D19, un autre paysage s’est installé. Un passage argileux laisse son lit au lac de Marcenac, puis les terres grises, plus fertiles et soucieuses de garder l’eau de pluie pour les périodes sèches. Elles s’étirent en versants adoucis jusqu’aux confins des grands bois vers le Quercy Blanc. Le chemin de la Serre offre un panorama unique souvent illuminé par un soleil couchant de feu. Au printemps, une palette de verts de tout les tons ressort des cultures intensives qui se lèvent. Le ruisseau du Lamboulas et celui des Valses naissent en ces lieux, pays natal du poète occitan, l’Abbé Jules Cubaynes.

Le village est composé du centre-bourg de Lalbenque et de ses hameaux.

Le centre-bourg traversé par la rue, la rue des marchés, s’organise autour de l’Eglise Saint-Quirin et de l’ancien castrum. Au-delà, des lotissements ont été construits successivement : les Ouradours, Pech-Fourcat et Rescousseries puis le lotissement du pigeonnier. Parmi les hameaux, il faut distinguer ceux qui, en leur temps étaient des paroisses adossées à leur église. La plus ancienne est celle de Balach, les deux autres se regardent autour de l’Eglise de Paillas et de l’Eglise de Saint-Hilaire.  

Lalbenque a lourdement décliné après la Première Guerre Mondiale. 83 jeunes hommes y ont laissé leur vie; durant les 30 Glorieuses, l’exode rural et la mécanisation du travail agricole ont engendré un fort déclin du nombre d’habitants. Au début des années 1980, la population tombe sous la barre des 750 habitants. Mais progressivement, les maisons à l’abandon ont été rachetées et rénovées et les lotissements ont attiré une population nouvelle.

Au tournant du  XXI siècle, Lalbenque a changé de visage. Le village est devenu très attractif. Plusieurs raisons à cela : la proximité de l’autoroute A20 qui place Lalbenque à une heure de Toulouse et à une heure de Brive, des terrains constructibles en quantité ainsi que des services de proximité à disposition. Qu’à cela ne tienne !  

La dernière mouture du plan local d’urbanisme, le PLU (adopté en 2007) a bien plu à de nombreuses personnes et ces nouveaux habitants n’y sont pour rien. Terrains constructibles le long des axes servant de rues, saturées de sorties individuelles, accentuant la dangerosité. Seules les routes de Cahors et de Laburgade ont bénéficié d’aménagements qui sont paradoxalement dangereux (chicanes sans visibilité). La D19 reste l’éternelle oubliée malgré des demandes répétées des riverains.

Un sanglier sans GPS y perdrait laies et marcassins…  Si bien que Lalbenque est devenu le contre exemple par excellence en matière d’aménagement du territoire : services départementaux ou Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement (CAUE) ont fait de Lalbenque l’exemple type d’urbanisme à éviter. 

Par certains aspects, notre village a des airs d’espace péri-urbain que l’on rencontre  autour des grandes agglomérations avec les problématiques Centre-Périphérie. À Lalbenque, la construction d’une grande surface, à la périphérie nord du village, a posé de nombreux problèmes pour l’identité commerciale du centre-bourg. Le supermarché attire de très nombreux clients qui profitent de la plateforme d’offres, du parking de proximité et de l’amplitude des horaires. Les élus, qui l’ont accepté, sans aucune consultation des commerçants, n’ont pas pris en compte le phénomène de polarisation que cela provoque et donc le fait que le centre-bourg est devenu un lieu de passage rapide. D’autres éléments ont contribué à vider le cœur du village. La maison médicale implantée à côté de la piscine, dans un bâtiment de très mauvais goût et contraire au PLU, a eu pour effet de rassembler les services médicaux qui étaient pour la plupart situés dans la rue du Marché aux truffes. Dans ces conditions, difficile de surmonter les difficultés et la baisse d’activité. Certains ont pu se maintenir et assurer un commerce de proximité de qualité.  D’autres ont dû y renoncer. Dans ce contexte, il est difficile de comprendre l’intérêt de construire une galerie marchande à proximité du supermarché. Au moment où se vit une forme de rejet des espaces commerciaux sans âme, Lalbenque joue une mauvaise carte, celle du XXème siècle. Une carte contraire aux nouvelles politiques nationales en terme de limitation des grandes surfaces de consommation et de revitalisation des centre villes ou centre bourgs.

Heureusement, le marché du samedi matin se maintient. Pourtant, en 2005, les commerçants qui l’ont porté ont eu bien du mal à convaincre le maire qui n’en voulait pas. De mémoire vive, il a fallu faire craquer ce bloc du refus en avançant les arguments de dynamique, de rencontre, de lien social, de proximité, de qualité, autant d’arguments qui ont été repris par la suite pour s’en féliciter par notre équipe municipale sortante. Aujourd’hui, le marché du samedi est un moment fort de notre vie locale. Il draine suffisamment d’exposants pour fidéliser la clientèle. Les bars et autres commerces locaux s’en félicitent. 

La foire du dernier mardi du mois est en déclin constant. La relance de celle-ci, initiée par la municipalité en place, a été un réel échec. Seul, le marché aux truffes attire de nombreuses personnes. Une richesse que la commune n’a jamais su développer et amplifier.

Lalbenque c’est enfin une formidable activité associative, sportive, culturelle : de nombreux évènements organisés par des bénévoles motivés et indispensables pour créer du lien entre les habitants.